Au bois de Vincennes, des héritiers du sapeur Camembert
Pour lutter contre le réchauffement climatique, la loi incite les entreprises à compenser le CO2 produit par leurs processus de fabrication en finançant des opérations de reforestation. Ainsi pourront-elles afficher un bilan bas-carbone témoignant de leur civisme.
Nul ne doute, bien sûr, qu’Île-de-France Mobilités (IDFM), l’opérateur de transports de la Région Île-de-France et les grands groupes de BTP qui réalisent ses chantiers ne fassent leur devoir en la matière. Sauf, toutefois, ce surprenant paradoxe au bois de Vincennes : pour y prolonger la ligne 1 du métro, IDFM en réclame le « déclassement » de six hectares, soit le droit… d’abattre « quelques centaines d’arbres » ! Curieuse stratégie bas-carbone…
Le sapeur Camembert, qui n’avait pas fait Polytechnique – personne n’est parfait – après avoir creusé un trou, en creusait un deuxième pour mettre la terre du premier, puis un troisième, etc. Les ingénieurs d’IDFM et des grands groupes de BTP, qui ont sans doute fait Polytechnique, seraient-ils des héritiers du sapeur Camembert ?
