Au bois de Vincennes, l’étrange défaite du politique
Les ingénieurs proposent, les élus disposent. C’est la règle en démocratie, pour tout aménagement public important, et il faut s’en féliciter. Aux calculs mathématiques impeccables des ingénieurs, l’élu oppose ce qui fait l’honneur de sa fonction : l’appréciation de l’intérêt général. Et pose, au fond, la seule question qui vaille : l’aménagement proposé répond-il vraiment aux besoins de la population ?
Pour aider cet élu à trancher, l’État français met sa haute administration à son service. Tout aménagement public important fait l’objet de deux rapports. Celui de l’Autorité environnementale vérifie que le projet proposé à bien fait l’objet d’études d’impact de ses atteintes potentielles à l’environnement. Celui du Secrétariat général pour l’investissement vérifie le rapport coûts-bénéfices du projet.
C’est ce qui s’est passé en 2022, pour le projet d’extension de la ligne 1 du métro. À l’époque, la classe politique a fait son boulot : au vu du désastre environnemental programmé dans le bois de Vincennes, le ministre des Transports a refusé d’accorder la nécessaire Déclaration d’utilité publique1. Quatre ans plus tard, le projet revient, toujours le même mais maladroitement masqué par trois propositions de tracé dans le bois2, toutes aussi pipeau l’une que l’autre. Où est le ministre des Transports : déjà en vacances ?
Pour l’aider dans sa réflexion, merci de signer et partager la pétition.
- Décision de Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, relative au prolongement de la ligne 1 du métro de Vincennes à Val-de-Fontenay, 14 décembre 2022, ecologie.gouv.fr ↩︎
- « Prolongement de la ligne 1 du métro à l’est : ces trois options pour épargner (ou presque) le bois de Vincennes », Théo Uhart et Gérald Moruzzi, Le Parisien, 3 juillet 2026, leparisien.fr ↩︎
