France 3 Paris Île-de-France : « le prolongement de la ligne 1 au cœur d’une bataille écologique »
Le projet de prolongement de la ligne 1 du métro vers le Val-de-Fontenay ravive les tensions. Si l’utilité publique est mise en avant par certains élus, les défenseurs du bois de Vincennes dénoncent un « désastre environnemental » et un coût financier exorbitant.
Si les premières communications officielles se voulaient rassurantes, les associations locales tirent la sonnette d’alarme après avoir consulté des experts forestiers. « Le nombre d’arbres impactés, c’est très proche de 10 000 arbres », s’alarme Anne, membre de l’association de défense du bois de Vincennes.
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Au-delà du nombre d’arbres, c’est la qualité exceptionnelle de ce secteur nord du bois qui est mise en avant. Pour les experts, il s’agit d’un rempart indispensable contre le réchauffement urbain. « On a là des traces de forêt clima[c]ique, vieille de plus de 200 ans. Elle se situe dans le plus haut niveau de biodiversité : 90 % des forêts françaises n’atteignent pas ce stade », explique Tanguy Le Dantec, enseignant en écologie appliquée et co-fondateur du collectif « Aux arbres citoyens ! ».
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Lors des pics de chaleur, quand le sol de l’Opéra frôle les 60 °C, celui du bois de Vincennes stagne à 22 °C. Un îlot de fraîcheur que les opposants refusent de voir bétonné.
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Pour le collectif, la méthode de construction envisagée est une hérésie environnementale. La ligne 1 étant peu profonde, le passage en « tranchée ouverte » semble inévitable. « Creuser là où le terrain est saturé d’eau, c’est prendre le risque de déstabiliser tout l’écosystème et la nappe phréatique. C’est une solution du siècle dernier », affirme Philippe Le Coroller, membre du collectif « Touche pas à mon bois ».
Le coût financier vient noircir le tableau, avec une facture estimée par Bercy à 1,8 milliard d’euros pour seulement deux stations1. Un investissement jugé démesuré alors que des alternatives existeraient. « La solution serait d’utiliser la ligne 9. Elle est enterrée plus profondément, on passerait sous Montreuil avec un tunnelier sans aucun impact en surface. C’est plus direct, moins cher et plus rationnel », suggère Tanguy Le Dantec.
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Derrière les enjeux de transport, les opposants flairent également une opération financière.
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Pour les opposants, l’enjeu dépasse le simple tracé d’une ligne de métro : il s’agit de protéger un sanctuaire déjà fragilisé par la métropole. « Il suffit que chaque année, on en prenne quelques hectares par-ci, quelques hectares par-là, ça finit par se réduire, puis se réduire, et ce alors qu’on va en avoir de plus en plus besoin », conclut Tanguy Le Dantec.
Source : « ‹ On n’envoie pas un métro dans une cathédrale de verdure › : le prolongement de la ligne 1 au cœur d’une bataille écologique », Paul Dubois, France 3 Paris Île-de-France, 7 mai 2026, france3-regions.franceinfo.fr
- Le coût du projet a été actualisé début 2026 et atteint désormais 2,5 milliards d’euros. ↩︎

L’excellent titre de ce papier - ”On n’envoie pas un métro dans une cathédrale de verdure” - résume bien l’enjeu. Bravo au journaliste qui l’a bien compris : ce bois, poumon vert de la capitale, fait partie du patrimoine arboré de la collectivité. Concernant la nappe phréatique, faut-il préciser qu’elle ne se limite évidemment pas aux six hectares du chantier : sa pollution aurait un fort impact sur le reste du bois. On ne va pas nous refaire le coup du nuage de Tchernobyl, qui s’arrêtait à la frontière !