Métro dans le bois de Vincennes : lettre à la ministre de la Santé
Le gouvernement auquel vous appartenez, et vous-même en particulier, avez parfaitement affronté la menace de l’Hantavirus concernant la santé des Français. Quelles que soient nos opinions politiques, ne pas le reconnaître serait très inélégant. Alors nous espérons que vous ferez tous preuve de la même efficacité face à un projet qui, menaçant le bois de Vincennes, menace également, par ricochet, la santé des Franciliens, en général et des Parisiens, en particulier. Si le sujet est plus limité – quelques millions de personnes concernées, tout de même – il n’en est pas moins préoccupant.
Les bois de Boulogne et de Vincennes sont, en effet, les véritables poumons verts de la capitale. Captant le CO2 et fournissant de l’oxygène, ils filtrent l’air qu’on y respire. Régulant la température, ce sont des climatiseurs géants naturels, indispensables pour résister aux canicules. Lieux de contact avec la nature, où des millions de personnes viennent se ressourcer tout au long de l’année, ils contribuent à l’équilibre psychique de tous. Bref, si une politique de santé vraiment réfléchie consiste à prévenir avant de guérir, le sort qui leur est réservé ne peut vous laisser indifférente.
Or le bois de Vincennes vit sous la menace d’une extension de la ligne 1 du métro qui lui porterait un coup fatal : abattage de plusieurs milliers d’arbres, pollution de la nappe phréatique, mort de nombreuses espèces animales, pourtant protégées en principe.
Ce désastre environnemental, le collectif Touche pas à mon bois en a bien sûr alerté vos collègues, la ministre de la Transition écologique et celui des Transports. Mais, comme vous l’avez fait excellemment pour l’Hantavirus, une réponse coordonnée de vous trois ne serait-elle pas plus efficace ?
