« Limiter l’artificialisation des sols »… et bétonner le bois de Vincennes !
Il n’a jamais autant plu en France depuis Noël et le spectacle, tous les soirs à la télé, de ces personnes confrontées à l’envahissement de leurs habitations par l’eau, serre le coeur. Comment ne pas comprendre Christophe Béchu, maire d’Angers, lorsqu’il rappelle que, « pour adapter les territoires au changement climatique, il n’y a pas plus efficace que de limiter l’artificialisation des sols ».
Certes, il n’y a pas d’inondations dans le bois de Vincennes. Pour autant, est-il bien opportun de vouloir en détruire près de sept hectares pour y faire passer une extension de la ligne 1 du métro ?
Le creusement d’une tranchée de 700 mètres de long sur 40 mètres de large exigera l’abattage d’une chênaie magnifique – 130 chênes dûment répertoriés par le collectif Touche pas à mon bois – et des milliers d’arbres et arbustes qui la complètent. Certes, elle sera ensuite recouverte par une dalle en béton, et celle-ci recouverte d’une mince couche de terre et « renaturée » (quel mot délicieux !). Mais qui pourrait ne pas comprendre qu’on aura ainsi créé… un magnifique îlot de chaleur, pour au moins deux à trois décennies ? Et, bien sûr, provoqué la fuite – ou la mort – de tous les animaux qu’abrite cette zone.
L’amusant – enfin, pas vraiment – c’est que le gouvernement publiait, il y a à peine un an, un plan mirobolant visant à préparer la France à un réchauffement de 4º C en 2100. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » : on voudrait augmenter la défiance des citoyens à l’égard de la classe politique qu’on ne s’y prendrait pas autrement…
