2,5 milliards pour un seul quartier, est-ce bien raisonnable ?
C’est l’histoire d’un projet techniquement irréfléchi, désastreux pour l’environnement et d’un coût exorbitant. Résumons…
Île-de-France Mobilités (IDFM) veut assurer l’interconnexion du métro parisien et du RER dans l’est parisien, en prolongeant la ligne 1 de son terminus actuel Château-de-Vincennes jusqu’à Val-de-Fontenay. En créant trois gares : Les Rigollots à Fontenay-sous-Bois, Les Grands Pêchers à Montreuil et une gare de jonction avec les RER A et E à Val-de-Fontenay. La traversée d’une partie du bois de Vincennes exige le « déclassement » de six hectares de celui-ci, soit l’abattage de milliers d’arbres.
Techniquement, c’est inutile. Cette interconnexion pourrait, en effet, être réalisée en prolongeant la ligne 9 au delà de Mairie-de-Montreuil et en créant deux des trois gares prévues : Les Grands Pêchers et la gare de jonction à Val-de-Fontenay. Pourquoi cette option, un temps étudiée, a-t-elle été écartée ? Parce que la ligne 9, à la différence de la 1, n’est pas encore automatisée. Mais pourquoi, justement, ne pas faire d’une pierre deux coups, en l’automatisant ?
Resterait, bien sûr, la desserte du quartier des Rigollots. Or le Secrétariat général pour l’investissement, lorsqu’il émit en 2022 un Avis défavorable au prolongement de la 1, préconisa de renforcer le réseau de bus dans cette zone. Effectivement, il faut parfois attendre une demi-heure pour le 118 ou le 124. Mais qu’attend IDFM pour multiplier les rotations ?
Résumons : 2,5 milliards pour que le quartier des Rigollots dispose d’un métro et un désastre environnemental à la clé dans le bois de Vincennes, est-ce bien raisonnable ?
