Au bois de Vincennes, le « grand remplacement »
Grand remplacement des arbres et de la faune qu’ils abritent, bien sûr. C’est l’idée, d’une audace intellectuelle formidable, il faut bien le reconnaître, d’Île-de-France Mobilités, pour son projet d’extension de la ligne 1 du métro : puisqu’il faut abattre des milliers d’arbres dans le bois de Vincennes – chênes, hêtres, charmes, robiniers, etc. – sur six hectares, on en replantera autant dans une autre partie du bois. En choisissant – deuxième idée formidable – des espèces nouvelles, pour adapter le bois au réchauffement climatique. Pourquoi pas des palmiers ?
Bon, il y a bien un petit problème : le passage des tronçonneuses et des excavatrices sur ces six hectares va créer pendant quelques temps – 20 à 30 ans, pas plus – un formidable îlot de chaleur au sein du bois. Mais tant qu’à être audacieux, pourquoi ne pas l’être jusqu’au bout : pourquoi ne pas remplacer totalement la nature… en créant une ferme de panneaux solaires à cet endroit ? Certes, il faudrait les importer de Chine. Mais si l’on peut consacrer 2,5 milliards d’argent public à prolonger une ligne de métro de trois stations, on n’est plus à quelques centaines de millions près, non ?
Vive le grand remplacement !
