Au bois de Vincennes, patrimoine et continuité historique
« En somme, vous vous battez pour quelques chênes, trois mésanges et deux écureuils », ironisait hier un internaute, découvrant la lutte du collectif Touche pas à mon bois contre le projet d’extension de la ligne 1 du métro, lequel exige le « déclassement » de six hectares du bois. C’est ne pas comprendre deux concepts que les membres de ce collectif sentent instinctivement, quels que soient leur âge, leur classe sociale, leurs opinions politiques, leurs convictions religieuses, leur orientation sexuelle, etc.
D’abord, le concept de patrimoine arboré : le bois c’est le jardin de ceux qui n’en ont pas, un bien commun par excellence. Des millions de Franciliens viennent s’y ressourcer, le week-end ou pendant les vacances. Et le réchauffement climatique, la multiplication des épisodes de canicule, ne peuvent qu’en augmenter la fréquentation. Merci à Napoléon III, qui confia à l’ingénieur Adolphe Alphand, adjoint du baron Haussmann, le soin de l’aménager au profit des Parisiens fuyant les miasmes de la capitale.
Ensuite, le concept de continuité historique. Prenez Invictus, par exemple, ce chêne de 30 mètres de haut, qui fut labellisé Arbre Remarquable de France le 14 septembre 20241 : son âge est estimé à 280 ans. Il est donc apparu sous Louis XV et il sera encore là quand nous serons tous morts, pour le plus grand bonheur de nos enfants et petits-enfants. Du moins si le projet d’extension de la ligne 1 est repoussé : il est situé en plein milieu du tracé prévu par Île-de-France Mobilités ! Alors, ça vaut le coup de le défendre, ainsi que les trois mésanges et les deux écureuils qu’il abrite peut-être, non ?
- « Labellisation du chêne Invictus - Bois de Vincennes », Protection Arbres et Faune - PAF, Facebook, 15 septembre 2024, facebook.com ↩︎
