Une Concertation préalable doublement biaisée
Telle que l’a conçue Île-de-France Mobilités, la Concertation préalable consacrée à son projet de prolongement de la ligne 1, qui sera inaugurée officiellement ce jeudi 8 octobre à Fontenay-sous-Bois, constitue ce que l’on appelle un « mensonge par omission ». Un double mensonge :
1. Pour améliorer la desserte de l’est parisien en transports commun, il convient d’assurer l’interconnexion du métro parisien avec les RER A et E là où ils se croisent déjà : le pôle multimodal de Val-de-Fontenay, qui accueillera également, à terme, la ligne 15 du réseau Grand Paris Express.
Deux solutions sont possibles. La plus simple et la moins onéreuse consiste à prolonger en ligne droite la ligne 9 du métro au-delà de son terminus actuel Mairie-de-Montreuil jusqu’à Val-de-Fontenay. En créant une gare intermédiaire aux Grands Pêchers, quartier indiscutablement enclavé.
L’autre solution consiste à prolonger la 1 au delà de son terminus actuel Château-de-Vincennes. Certes cela impose de traverser le bois de Vincennes, au prix de l’abattage de « quelques centaines d’arbres », ce qui soulève un peu d’émotion. Mais cela permet, avec un petit détour (5 kilomètres tout de même !) de desservir au passage le quartier des Rigollots à Fontenay-sous-Bois, lequel clame être également enclavé. Solution beaucoup plus onéreuse, bien sûr, mais le monde entier nous envie la capacité de notre classe politique à endetter toujours plus le pays.
Du prolongement de la 9, il ne sera pas question au cours de cette Concertation préalable. Pas plus que du doublement des rotations de bus et du développement des pistes cyclables préconisés en 2022 par le Secrétariat général pour l’investissement, lorsqu’il rendit un Avis défavorable au prolongement de la 11. La consultation de ce dernier est bien prévue… mais après la Concertation préalable !
Pour résumer, on va discuter jusqu’au 11 décembre de « la » solution d’Île-de-France Mobilités. Pas des alternatives permettant d’éviter de traverser le bois, qui relèvent pourtant de l’intérêt général.
2. L’autre mensonge par omission concerne le bois. Il est la propriété de la Ville de Paris. Et parmi les Franciliens qui viennent s’y ressourcer (ou fuir les canicules !), beaucoup sont des Parisiens. Or ils ne seront pas consultés dans le cadre de cette Concertation préalable. Pas plus que le maire de Paris. Mais vous imaginez Central Park éventré par un métro sans que les new-yorkais soient consultés ?
Si ce double tour de passe-passe vous interpelle, merci de signer et partager notre pétition. Et rendez-vous dimanche prochain 11 octobre à 14 h 30, sortie 6 de la station de métro Château-de-Vincennes pour une Marche citoyenne dans le bois.
- L’avis du SGPI n’est pas public, mais ses conclusions sont connues : il est défavorable au motif que les « bénéfices [du prolongement de la ligne 1] restent trop modestes au regard du coût du projet », touchepasamonboisdevincennes.fr ↩︎
