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Île-de-France Mobilités ou la logique du cheval mort

Tous ceux ayant travaillé dans une grande entreprise ont pu être confrontés, un jour ou l’autre, à cette logique. Elle consiste à pratiquer l’acharnement thérapeutique sur un projet qui a pourtant perdu sa raison d’être : on y a déjà trop investi pour l’arrêter. On tourne alors le dos à la sagesse des Indiens Dakota : « Quand tu découvres que tu montes un cheval mort, la meilleure stratégie c’est d’en descendre. »

Mode d’emploi de cette logique, retrouvé pour le collectif Touche pas à mon bois, grâce à l’IA : - On achète une selle plus confortable pour le cheval mort - On change de cavalier - On fait un benchmark pour voir comment les autres montent leurs chevaux morts - On augmente le budget pour améliorer les performances du cheval mort - Et cette dernière, sublime : On lance de nouvelles études géotechniques jusqu’à 30 mètres de profondeur, pour voir si le cheval ne pourrait pas repartir.

C’est exactement, aujourd’hui, ce que fait Île-de-France Mobilités (IDFM) ! Son projet de prolongement de la ligne 1 du métro a été arrêté en 20221, au vu du nombre d’arbres qu’il proposait d’abattre dans le bois de Vincennes ? Qu’à cela ne tienne : il revient, en 2026, avec trois tracés proposant chacun « quelques centaines d’arbres » à abattre ! Si ce n’est pas de l’acharnement thérapeutique…

Bon, les Indiens Dakota sont difficilement joignables. Mais quelqu’un – le maire de Paris, propriétaire du bois, ou la ministre de la Transition écologique, si elle n’est pas en vacances, ou le ministre des Transports, s’il n’a pas piscine – pourrait-il tout de même conseiller à IDFM de descendre de son cheval ?

Philippe Le Corroller

  1. Décision de Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, relative au prolongement de la ligne 1 du métro de Vincennes à Val-de-Fontenay, 14 décembre 2022, ecologie.gouv.fr ↩︎
À lire sur halteligne1.fr/?lien=b223
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