Réponse de Sophia Chikirou (LFI) à la Lettre aux candidats à la mairie de Paris adressée par le collectif Touche pas à mon bois
« Vous avez bien voulu me saisir1 au sujet du projet d’extension de la ligne 1 du métro, de son terminus actuel Château de Vincennes jusqu’à Val de Fontenay à travers la forêt de Vincennes. Je veux être parfaitement claire. Le besoin de transports collectifs dans l’Est parisien et la petite couronne est réel : il faut désenclaver, réduire la dépendance à la voiture et rendre l’accès à la ville plus simple. Mais cet impératif ne justifie pas de ‹ sacrifier › le bois de Vincennes pour lequel nous avons une ambition écologique et populaire. Aussi, vous trouverez, accompagnant la présente réponse, notre programme pour Paris, Le Nouveau Paris Populaire, où les mesures visant à protéger et régénérer les bois parisiens sont un élément essentiel de l’axe 5, Planifier la bifurcation écologique à Paris (à partir de la page 140).
Le projet d’extension va à l’encontre de la philosophie générale de ce programme qui repose sur la bifurcation écologique à Paris et n’envisage un usage économique uniquement lorsque celui-ci est compatible avec les impératifs écologiques – sols, biodiversité, puits de carbone, îlots de fraîcheur – et les priorités populaires d’usage au quotidien. Or, il s’agit d’un projet destructeur qui implique une emprise massive, des coupes importantes et une dégradation durable des sols forestiers. Dès lors, nous nous opposerons par tous les moyens nécessaires à la poursuite de ce projet.
Concernant l’extension d’une ligne de métro, si la Ville n’est pas l’autorité décisionnaire, elle n’est pas dénuée de moyens d’action auprès d’Île-de-France Mobilités et de l’État.
De par son ampleur, le projet d’extension requerra nécessairement des modifications du plan local d’urbanisme bioclimatique (PLUb) de Paris sans lesquelles rien ne pourra s’engager. Le PLUb assumera une politique de ‹ zéro béton inutile ›. Or, c’est non seulement un projet destructeur mais aussi un projet qui vise à suivre peu ou prou le même tracé que le RER A. Dès lors, nous exigerons une étude sérieuse de tracés alternatifs et de méthodes de réalisation qui évitent le bois de Vincennes.
En outre, le projet devra recevoir l’assentiment des habitants concernés. Nous instituerons un référendum communal d’initiative citoyenne dès lors qu’une pétition comme la vôtre atteindra les 100 000 signatures (page 28 du programme). Un tel référendum donnera à la Ville la légitimité démocratique nécessaire pour préserver le bois de Vincennes de travaux invasifs, y compris par la voie du recours contentieux contre la déclaration d’utilité publique.
En définitive, la Ville de Paris défendra une position de protection ferme avec l’exigence d’une information complète et accessible à tous afin de garantir l’intérêt général écologique et social. Plus généralement, je m’engage à mener partout la bataille pour un Paris populaire. Je reste disponible pour poursuivre l’échange avec votre collectif. Nos candidats du 12ème arrondissement se tiennent également à votre disposition pour une rencontre si besoin. »
Remarque : Les notes de bas de page insérées dans la réponse de la candidate ont été ajoutées par Halte au prolongement de la ligne 1.
- « Touche pas à mon bois : Lettre aux candidats à la mairie de Paris », Halte au prolongement de la ligne 1, 9 février 2026, halteligne1.fr ↩︎
