À Vincennes, le Chant de la forêt
Certes, il n’y a pas la cabane où Vincent Munier, son père Michel et son fils Simon méditent sur la beauté mais aussi la fragilité de la nature. Mais le même bonheur du retour du printemps, particulièrement précoce cette année. Les bourgeons explosent, les premières feuilles apparaissent, toutes les nuances de vert se fraient un chemin. Et reviennent les sauts des écureuils dans les branches, le staccato des pics épeiches, le tsi-tsi-tu de la mésange, le hululement de la chouette. Superbe jaillissement de la vie, végétale et animale, après des mois où l’hiver l’avait maintenue cachée.
Et, bien sûr, nombre de promeneurs ce week-end, trop heureux de redécouvrir ce poumon vert de la capitale. Mais un peu interloqués, pour ceux arrivant par le métro, de voir deux carotteuses garées à proximité d’Invictus, ce chêne devenu symbole du bois depuis qu’il a été labellisé Arbre Remarquable de France1. Interloqués et étonnés d’apprendre…qu’ils cheminent sur la partie du bois – six hectares – qu’Île-de-France Mobilités (IDFM) entend « déclasser » pour y creuser la tranchée d’une extension de la ligne 1. Carotteuses qui demain reprendront leur vacarme, pour sonder jusqu’à 30 mètres de profondeur… et couvriront ainsi le Chant de la forêt.
Merci, IDFM, de participer ainsi à la campagne d’information du public, entamée par le collectif Touche pas à mon bois !
- « Labellisation du chêne Invictus - Bois de Vincennes », Protection Arbres et Faune - PAF, Facebook, 15 septembre 2024, facebook.com ↩︎
