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Au bois de Vincennes : utilité publique et intérêt général

Souvent confondus, ces deux concepts sont, en réalité, bien distincts et peuvent même s’opposer. C’est la grande chance des défenseurs du bois de Vincennes.

En 2022, le ministre des Transports a refusé d’accorder la nécessaire Déclaration d’utilité publique (DUP) au projet d’extension de la ligne 1 du métro1, de Château-de-Vincennes jusqu’à Val-de-Fontenay, porté par Île-de-France Mobilités (IDFM). Il l’a fait au nom de l’intérêt général : le désastre environnemental ainsi programmé – « déclassement » de six hectares du bois, soit l’abattage de milliers d’arbres – lui paraissait inacceptable. Alors qu’IDFM tente, quatre ans plus tard, de remettre son projet sur les rails, avoir bien en tête cette distinction n’est pas inutile.

Renforcer la desserte en transports en commun de quelques quartiers de l’est parisien ( pourtant déjà bien dotés ) relève de l’utilité publique. Mais préserver l’un des deux poumons verts de Paris, ce bien commun par excellence, où des millions de Franciliens viennent régulièrement se ressourcer, relève de l’intérêt général.

Certains élus l’ont bien compris : les candidats de gauche à la mairie de Paris – la Ville est propriétaire du bois – exigent « qu’aucun arbre ne soit coupé dans le bois de Vincennes » à l’occasion de ce projet. Les candidats de la droite et du centre observent, en revanche, un silence assourdissant. Même phénomène localement : la maire de Vincennes, qui soutient IDFM, raisonne utilité publique, ses électeurs du quartier des Rigollots rêvant d’un métro au pied de leur immeuble ou de leur villa ; mais les Vincennois, qui ont massivement rejeté ce projet lors de l’Enquête publique de 20222, raisonnaient – et raisonnent toujours ! – intérêt général.

Alors que le projet repart – le processus de Concertation préalable, prélude à une nouvelle Enquête publique, a été engagé le 12 janvier3 – va-t-on entendre à nouveau les défenseurs de l’intérêt général, l’Administration d’une part (Secrétariat général pour l’investissement et Autorité environnementale), le collectif Touche pas à mon bois4 d’autre part ? Ou seulement les promoteurs du projet et les élus qui le soutiennent ?

Philippe Le Corroller

  1. Décision de Clément Beaune relative au prolongement de la ligne 1 du métro de Vincennes à Val-de-Fontenay, ministère chargé de l’environnement, 14 décembre 2022, ecologie.gouv.fr ↩︎
  2. Rapport d’enquête publique unique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) relative au projet de prolongement de la ligne 1 du métro parisien valant mise en compatibilité des documents d’urbanisme (MECDU) des communes de Paris (75012), Vincennes (94300) et Neuilly-Plaisance (93360), tribunal administratif de Melun, 7 avril 2022, no E21000031AP/77, val-de-marne.gouv.fr ↩︎
  3. Décision d’organiser une concertation préalable relative au projet de prolongement de la ligne 1 du métro de Château de Vincennes à Val de Fontenay et de ses ouvrage annexes (75, 93, 94), Commission nationale du débat public, 12 janvier 2026, no 2026/3/LIGNE 1 VAL DE FONTENAY/1, NOR CNPX26, debatpublic.fr (archive↩︎
  4. Touche pas à mon bois de Vincennes, collectif de citoyennes et citoyens pour la préservation du bois de Vincennes, véritable poumon de l’Est parisien, touchepasamonboisdevincennes.fr ↩︎
À lire sur halteligne1.fr/?lien=b74
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