Défendre le bois de Vincennes, ici et maintenant
Certains s’étonnent que le collectif Touche pas à mon bois (TPAMB) mêle parfois son opposition au projet de prolongement de la ligne 1, qui réclame l’abattage de milliers d’arbres, à des critiques sur la gestion de ce bois par la Direction des espaces verts de la Ville de Paris (DEVE). Les deux vont pourtant naturellement de pair.
Soyons justes à l’égard de la DEVE : il n’est pas facile de gérer un bois ayant une identité double. C’est à la fois un espace naturel, comptant de nombreuses espèces protégées, tant végétales qu’animales, et un espace de loisirs où viennent se ressourcer les Franciliens, par millions chaque année. Pas simple de savoir jusqu’où l’interventionnisme humain, indispensable ne serait-ce qu’en matière de sécurité, peut aller.
Parfois, des erreurs flagrantes sont commises : éclaircies excessives, parcelles mises à nu pour tenter des plantations d’espèces mieux adaptées au réchauffement climatique… et où succombent les dites plantations, ainsi privées de l’ombre de la canopée ! Il fallait voir, le 10 février dernier, l’accablement du naturaliste qui accompagnait TPAMB, lors d’une visite organisée par ce dernier pour les responsables du bois et découvrant l’abattage de deux jeunes chênes sessiles, une espèce rare pouvant vivre 600 ans…
Positivons, cependant : cette visite permit à TPAMB et à la DEVE de comprendre qu’ils partagent un même intérêt pour le bois. Et il est permis d’espérer que le nouveau maire de Paris prêtera désormais une attention particulière à la gestion de ce bois. N’a-t-il pas pris clairement position en sa faveur, en exigeant « qu’aucun arbre ne soit coupé dans le bois » à l’occasion du projet qu’Île-de-France Mobilités tente de remettre sur les rails ?
