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Marche dans le bois de Vincennes : quelques enseignements

Rien ne vaut un déplacement sur le terrain ! Les 350 personnes qui, ce dimanche 11 octobre, ont participé à une Marche citoyenne dans le bois de Vincennes, contre le projet d’extension de la ligne 1 du métro, ont pu vérifier que les défenseurs du bois avaient eu raison de les alerter. Elles ont, en effet, pu constater de visu ce que le dossier de « Concertation préalable » présenté au public par Île-de-France Mobilités (IDFM) se garde bien d’expliquer.

D’abord l’ampleur du chantier. Beaucoup s’imaginaient qu’il se limiterait à la poursuite de la ligne actuelle par deux tunnels et le puits de sortie du tunnelier. Et ne comprenaient pas bien pourquoi IDFM réclame le « déclassement » de six hectares, soit le droit d’abattre « quelques centaines d’arbres ». Réaliser que l’endroit même où ils marchaient – une partie particulièrement dense, occupée par le trio chênes/hêtres/charmes – serait remplacé par une tranchée de 700 mètres de long sur 40 de large permit de comprendre une évidence : la « compensation », consistant à recouvrir cette tranchée d’une dalle de béton, puis d’une mince couche de terre, afin de « replanter » des arbres, est une (très mauvaise) plaisanterie. C’est bien un formidable îlot de chaleur qui, pour des décennies, remplacerait cette partie du bois.

Deuxième prise de conscience : le danger que représenterait l’atteinte à la nappe phréatique. Remontées de nappes intempestives d’un côté, assèchements des sols de l’autre, et donc mouvements de terrain, sans parler de la pollution pouvant se répandre bien au-delà du chantier. Les interventions sur ce sujet, de l’historien Jean-Michel Derex et du professeur d’écologie appliquée Tanguy Le Dantec furent particulièrement suivies. Nous y reviendrons, car le sujet est capital.

Découvrir, enfin, que Paris, bien que propriétaire du bois, ne participe pas à la Concertation préalable concernant ce projet, suscita des commentaires ironiques et/ou indignés. D’autant qu’on ne résista pas au plaisir de rappeler qu’au moment de la campagne électorale, celui qui est aujourd’hui maire de Paris – Emmanuel Grégoire – avait émis le voeu « qu’aucun arbre ne soit coupé dans le bois de Vincennes » à l’occasion de ce projet.

Cette Marche citoyenne fut également l’occasion d’annoncer officiellement le passage en association de ce qui était depuis des années le collectif Touche pas à mon bois (pour ceux qui souhaitent adhérer, contacter lesdefenseursduboisdevincennes@gmail.com). Et de rappeler, bien sûr, la pétition.

Philippe Le Corroller
À lire sur halteligne1.fr/?lien=b259
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