Métro dans le bois de Vincennes : pourquoi la 1 plutôt que la 9 ?
Lorsque Île-de-France Mobilités (IDFM), l’opérateur de transports de la Région Île-de-France, décida, au début des années 2000, d’améliorer la desserte de l’est parisien, le choix fut fait de prolonger une ligne de métro de la capitale pour la raccorder au pôle multimodal de Val-de-Fontenay, déjà point de passage des RER A et E. Deux solutions étaient possibles : prolonger la 9, au de-là de son terminus actuel Mairie-de-Montreuil ; ou prolonger la 1, au-delà de son terminus actuel Château-de-Vincennes. Cette dernière fut choisie, car plus moderne : pas de conducteur dans ses rames, qui sont automatisées. Comme le sont également la 4 et la 14, comme le seront bientôt la 11 et la 13.
L’ennui, avec la 1, c’est qu’il faut traverser le bois de Vincennes : six hectares à « déclasser », soit l’abattage de milliers d’arbres. Or, en un quart de siècle les Français ont pris conscience de l’importance de l’environnement et beaucoup renâclent devant ce désastre programmé.1
Les ingénieurs d’IDFM s’accrochent à leur choix de la 1, au nom de la logique du « coup parti ». C’est compréhensible. Mais est-ce à des ingénieurs de trancher d’un choix de société ? N’est-ce pas plutôt la mission de la politique, au sens noble du terme : l’organisation de la société au nom du bien commun ? N’est-ce pas à la mairie de Paris, propriétaire des bois de Boulogne et de Vincennes, véritables poumons verts de la capitale, de dire où se situe l’intérêt général ? Qu’en pensent nos candidats à la succession d’Anne Hidalgo, qui tous se revendiquent défenseurs de l’environnement ?
