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Métro dans le bois de Vincennes : une pollution invisible mais bien réelle

« Si ce projet de métro se réalise, de Château-de-Vincennes jusqu’à Val-de-Fontenay, il y aura moins de circulation automobile dans la zone, donc moins de pollution au CO2. N’est-il pas contradictoire de vous y opposer, au nom de l’écologie ? ». Cette question de bon sens, nombre de personnes découvrant la lutte du collectif Touche pas à mon bois se la posent. Et c’est bien naturel car la réponse est contre-intuitive.

L’exploitation d’un métro, en effet, bien que souterraine, est globalement productrice de gaz à effet de serre : elle est grosse consommatrice d’énergie électrique, laquelle, pour l’instant en France, est loin d’être totalement décarbonée ; le roulement des rames et l’utilisation des freins émettent des particules fines. Bien sûr, cela reste sans commune mesure avec la pollution émise par la circulation automobile. Avantage au métro, donc. Du moins s’il permet de diminuer fortement l’emploi de l’automobile. Or c’est justement là où le bât blesse.

Une étude prospective, publiée lors de l’Enquête publique de 2022, a en effet montré que sur la zone considérée, le « report modal », c’est-à-dire le pourcentage d’automobilistes qui abandonneraient leur véhicule au profit du métro… n’est que de 7 %. Le résultat, rapporté dans les conclusions de la Commission d’Enquête1, c’est un bilan carbone sans équivoque : production de 198 tonnes de CO2 pour la première année de mise en service, 3 300 tonnes de CO2 sur trente ans.

On l’aura compris : abattre des milliers d’arbres dans le bois de Vincennes – qui, eux, au contraire, captent le CO2, fournissent de l’oxygène et régulent la température – pour un tel projet n’est peut-être pas un bon calcul…

Philippe Le Corroller

  1. Avis et conclusions motivées sur l’enquête publique unique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) relative au projet de prolongement de la ligne 1 du métro parisien valant mise en compatibilité des documents d’urbanisme (MECDU) des communes de Paris (75012), Vincennes (94300) et Neuilly-Plaisance (93360), tribunal administratif de Melun, 11 avril 2022, no E21000031AP/77, page 21, val-de-marne.gouv.fr (archive↩︎

À lire sur halteligne1.fr/?lien=b45
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