Que décidera la gauche parisienne ?
La ville de Paris étant propriétaire du bois de Vincennes, le projet d’Île-de-France Mobilités (IDFM) de prolonger la ligne 1 du métro, de son terminus actuel Château-de-Vincennes jusqu’à Val-de-Fontenay, s’invite dans la campagne électorale.
Tous les candidats, bien sûr, se revendiquent « éco-responsables ». Or les voilà confrontés à un vrai choix de société : le projet nécessite, on le sait, le « déclassement » de six hectares du bois, soit l’abattage de milliers d’arbres. Sauf à être accusés de « greenwashing », difficile pour eux de l’évacuer. Et difficile également, alors que la dette française est déjà colossale, d’accepter que l’on consacre deux milliards d’euros d’argent public pour à peine cinquante mille passagers/jour sur le nouveau tronçon programmé. D’autant que le Secrétariat général pour l’investissement, administration de l’Etat dépendant directement de Matignon, a émis en 2022 un Avis défavorable à ce projet, pour « bilan socio-économique négatif ». Avis qui compta sans doute fortement dans la décision du ministre des Transports de l’époque de refuser au projet la nécessaire Déclaration d’utilité publique. Avis restant, bien sûr, valable, alors qu’IDFM, chassé par la porte en 2022, tente aujourd’hui de revenir par la fenêtre, en réclamant une deuxième Enquête publique.
Dans la course aux votes des électeurs, la gauche part avec une longueur d’avance. En 2024, le candidat alors adoubé par Anne Hidalgo pour lui succéder, le sénateur socialiste Rémi Féraud, avait émis au Conseil de Paris un voeu exigeant « qu’aucun arbre ne soit coupé dans le bois de Vincennes » à l’occasion de ce projet. Emmanuel Grégoire qui, finalement, a été choisi pour représenter le PS, les Verts, le PC et Place publique, s’inscrira-t-il dans les pas de son camarade ? Et Sophia Chikirou, candidate LFI, s’inscrira-t-elle également aux côtés de tous ceux qui prennent ce dossier environnemental au sérieux ? Même question, évidemment, à droite, pour Rachida Dati, candidate Les Républicains, Mouvement démocrate, UDI et une partie de Renaissance. Laquelle court, comme la gauche, le danger de la dispersion, causé par Pierre-Yves Bournazel (Horizons, une autre partie de Renaissance) et Sarah Knafo (Reconquête).
Les candidats à la mairie de Paris choisiront-ils de sauver l’un des deux poumons verts de la capitale, démontrant ainsi que leur engagement pour l’environnement n’est pas que posture et air de pipeau ? C’est la question à leur poser avant de déposer son bulletin dans l’urne, non ?
