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Métro dans le bois de Vincennes : au mépris de la science

L’avertissement est enseigné en première année des bonnes écoles d’ingénieurs : un emploi irréfléchi de la technique peut aller à l’encontre des avancées de la science. Alors qu’Île-de-France Mobilités vient de procéder à des carottages dans le bois de Vincennes, pour vérifier la qualité des sols sur les six hectares dont elle espère obtenir le « déclassement » pour y réaliser une extension de la ligne 1 du métro, il est permis de s’interroger : s’est-elle vraiment posée les bonnes questions ?

Une tranchée de 700 mètres de long sur 40 de large, deux tunnels, le puits de sortie du tunnelier, un chantier d’au moins huit ans dans le bois, est-ce compatible avec ce que la science nous a appris ? Rappelons-en quelques notions, certaines connues depuis des siècles, d’autres beaucoup plus récentes :

D’abord, bien sûr, la notion de base : l’arbre capte le CO2 et produit l’oxygène nécessaire à la vie. La Ville de Paris le sait bien, qui considère les bois de Boulogne et de Vincennes, dont elle est propriétaire, comme ses deux « poumons verts », ainsi que le rappelait récemment Emmanuel Grégoire, son nouveau maire. Alors, prétendre « compenser » l’abattage de milliers d’arbres par la plantation de jeunes pousses qui mettraient des décennies à fournir le même service, est-ce bien sérieux ?

Ensuite, les arbres communiquent entre eux, par les racines et par la canopée. La zone promise aux tronçonneuses, aux excavatrices et au tunnelier, est ainsi couverte du trio magique : chênes/hêtres/charmes. Peut-on vraiment croire que la disparition de milliers d’arbres à cet endroit n’aura pas d’impact sur le reste du bois ? Croit-on vraiment que la pollution de la nappe phréatique s’arrêtera aux six hectares du chantier, comme les nuages de Tchernobyl à la frontière ? Et croit-on vraiment que la faune vivant dans cette zone, du geai des chênes aux mésanges, en passant par les pics épeiches ou les écureuils, survivra à ce chantier ?

Dernière notion, enfin, confirmée récemment par la science : vivre à proximité des arbres améliore la qualité de vie de chacun. Les Franciliens, en général, les Parisiens, en particulier, qui viennent se ressourcer au bois chaque week-end peuvent en témoigner !

Alors, ce métro dans le bois de Vincennes : au mépris de la science ?

Philippe Le Corroller
À lire sur halteligne1.fr/?lien=b98
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